L'insémination artificielle, en semence réfrigérée ou congelée, a profondément changé l'élevage en Belgique. La semence voyage aujourd'hui partout, et l'éleveur n'est plus tenu de choisir l'étalon du voisin pour une simple question de commodité. Il peut faire appel aux meilleures lignées d'Europe et d'ailleurs.
Trop d'informations rendent le choix plus difficile
Catalogues, magazines, réseaux sociaux et présentations d'étalons mettent une quantité considérable d'informations à la portée de l'éleveur. Elles permettent de comparer les performances et les lignées. Elles peuvent aussi égarer celui qui n'a pas défini ce qu'il cherche.
Tout commence par l'examen de la jument
Avant d'ouvrir un catalogue, il faut regarder sa jument avec lucidité. Le tempérament, la conformation, le modèle, la robe et les aptitudes sportives comptent, mais l'essentiel est de savoir quel poulain on veut faire naître, et pour quel marché.
Quelles sont ses qualités ? Où sont ses faiblesses, en taille, en caractère ou dans ses rayons, c'est-à-dire la longueur et l'orientation des segments de ses membres ? Ce bilan guide le choix d'un étalon qui renforcera ses qualités sans reproduire ses défauts.
Deux extrêmes ne font pas une moyenne
Une erreur fréquente consiste à croire que l'on obtiendra de l'eau tiède en mélangeant de l'eau chaude et de l'eau froide. Une jument au jarret trop droit, croisée avec un étalon au jarret trop coudé, ne donnera pas forcément un angle intermédiaire. La génétique ne fait pas toujours la moyenne, et le poulain peut hériter de l'un des deux extrêmes.
Il ne faut pas davantage fermer les yeux sur un défaut majeur de l'étalon parce que la jument excelle dans ce domaine. Une jument au caractère facile ne compense pas un étalon difficile, même s'il a des moyens hors du commun. Si le tempérament compte pour vous, n'y transigez pas.
Nous conseillons plutôt de choisir un étalon qui partage les qualités de la jument, quand ces qualités sont au cœur de votre projet. Elles ont alors bien plus de chances de se retrouver chez le poulain. Dressez une liste d'étalons qui répondent à vos critères, examinez ensuite leurs défauts, et écartez tous ceux qui ont les mêmes faiblesses que votre jument.
La jument compte davantage, parce qu'elle est plus difficile à choisir
On entend souvent que la jument compte davantage que l'étalon, parce qu'elle transmettrait une plus grande part de son patrimoine génétique. La réalité est plus nuancée. Il est surtout bien plus facile de se tromper de jument que d'étalon. Chaque éleveur a accès aux meilleurs étalons du monde, alors qu'une excellente poulinière est rare et difficile à acquérir.
Le transfert d'embryon a ouvert une autre voie : on peut aujourd'hui commencer un élevage en achetant l'embryon d'une jument d'élite. Si la mère est insuffisante, le meilleur étalon ne fera pas un bon poulain. Mieux vaut porter un regard sévère sur sa propre jument que d'hésiter des mois entre les étalons en vue.
Le marché et les stud-books guident aussi le choix
Le pedigree pèse lourd quand le poulain est destiné à la vente. Un étalon recherché ou une lignée paternelle réputée le rend plus attrayant, en vente aux enchères notamment. Miser sur un jeune étalon prometteur peut aussi être judicieux, avant que sa cote ne monte.
Les stud-books, enfin, protègent l'éleveur. Ils fixent des critères de sélection sur la conformation, la santé et les performances. L'approbation d'un étalon suppose des examens vétérinaires (radiographies, endoscopie, examen locomoteur, spermogramme) qui écartent les affections congénitales et vérifient la fertilité. Les exigences varient d'un stud-book à l'autre, et leurs avis aident à choisir en sécurité.