Aller au contenu principal

OPU-ICSI chez la jument

Une jument qui ne peut plus mener une gestation n'est pas pour autant au bout de sa carrière de reproductrice.

L'OPU-ICSI permet d'aller chercher ses ovocytes, de les féconder au laboratoire, et de confier la gestation à une autre jument. C'est la technique qui a le plus changé notre métier ces dix dernières années, et nous la pratiquons désormais à la Giguellerie.

Video file
L'ICSI en direct. La pipette maintient l'ovocyte à gauche, l'aiguille porte le spermatozoïde à droite.

 

2,1
embryons congelés par session, en moyenne
de 0 à 13 selon la jument
8 sur 10
sessions donnent au moins un embryon
et ce qu'on fait pour les deux autres
1 500 €
par embryon congelé, pour une jument moyenne
moins cher si la session est généreuse

Votre jument est-elle une bonne candidate ? Un examen préalable suffit pour le savoir.

Appelez-nous

 

Ce qui se passe réellement

Image
Ultraschallgestützte transvaginale Oozytenpunktion bei einer Stute für ein ICSI-Verfahren
Ponction ovocytaire à la Giguellerie.

L'ovocyte est la cellule que la jument libère à chaque ovulation. Dans une insémination classique, il est fécondé dans l'oviducte, et l'embryon descend ensuite dans l'utérus. Toute la suite dépend alors de la qualité de cet utérus.

En OPU-ICSI, nous allons chercher les ovocytes directement dans les follicules, avant l'ovulation. C'est la ponction, l'OPU, pour Ovum Pick-Up. Elle se pratique par voie transvaginale, sous contrôle échographique, jument debout et sédatée.

Les ovocytes partent ensuite au laboratoire. Ils y passent une vingtaine d'heures en incubateur pour terminer leur maturation. Seuls ceux qui atteignent le stade métaphase II, c'est-à-dire prêts à être fécondés, peuvent continuer.

Vient alors l'ICSI, l'injection intracytoplasmique de spermatozoïde. Sous micromanipulateur, l'opérateur choisit un spermatozoïde et l'injecte dans l'ovocyte. Un seul suffit. C'est toute la différence avec une insémination, où il en faut des millions, et c'est ce qui rend la technique intéressante quand la semence est rare ou médiocre.

Les embryons se développent ensuite sept à dix jours en culture. Ceux qui atteignent le stade blastocyste sont congelés, et ils vous attendent.

À quelles juments cela s'adresse

La première indication est la jument dont l'utérus ne permet plus de mener une gestation. Lésions de l'endomètre, adhérences, col qui ne ferme plus. Chez elle, l'insémination ne donne plus rien, et le transfert d'embryon classique échoue aussi, puisqu'il faut encore qu'un embryon se forme sur place avant d'être récolté. L'OPU-ICSI contourne l'utérus du début à la fin.

La jument âgée relève souvent du même cas. Ses ovocytes restent fécondables bien après que son utérus ait cessé d'être un milieu viable. Le rendement baisse avec l'âge, nettement après vingt ans, mais il ne tombe pas à zéro.

Vient ensuite la jument qui travaille. Une ponction se fait sur une journée et n'interrompt rien. Votre jument peut donc produire des embryons pendant sa saison de concours, et vous décidez plus tard du moment où ces embryons deviendront des poulains.

Enfin, il y a la question de la semence. Un étalon mort dont il reste trois paillettes, un étalon subfertile en congelé, un lot dont la mobilité après décongélation est mauvaise. Puisqu'un seul spermatozoïde intact suffit par ovocyte, l'ICSI donne une seconde vie à des semences qu'on aurait renoncé à utiliser autrement.

Pourquoi la congélation change la donne

Un embryon obtenu par ICSI n'a pas à être transféré le jour même. Il est congelé, et il attend.

Cela veut dire que vous choisissez le moment. Vous pouvez produire en hiver et transférer au printemps, ou étaler plusieurs embryons sur plusieurs années.

Cela veut dire surtout que vous choisissez la receveuse. Beaucoup d'éleveurs préfèrent utiliser une de leurs propres juments, qu'ils connaissent et qu'ils gardent chez eux, plutôt que de louer une porteuse. C'est possible, et c'est souvent moins cher.

Quand ponctionner

Toute l'année, y compris en hiver.

Les juments qui ne cyclent pas portent souvent un plus grand nombre de petits follicules ponctionnables, ce qui rend l'hiver intéressant. Leurs ovocytes maturent toutefois un peu moins bien, de sorte que le nombre d'embryons obtenus au bout du compte reste comparable d'une saison à l'autre. Les périodes de transition, automne et fin d'hiver, sont les plus favorables.

L'avantage de l'hiver est donc surtout pratique. On travaille quand la jument ne fait rien d'autre, sans empiéter sur sa saison de reproduction ni sur ses concours.

Une journée chez nous

Votre jument arrive le jour de la ponction. Nous la sédatons, la ponction se fait debout au travail, et elle dure une petite heure. Elle repart le jour même.

La recherche des ovocytes suit immédiatement, ici même, ce qui évite aux cellules d'attendre des heures dans le liquide folliculaire.

Pour votre jument, tout se passe donc chez nous, à Mettet. Elle ne fait pas de long voyage et ne séjourne nulle part.

Les premières nouvelles arrivent une semaine plus tard environ, puis au fil des jours suivants, à mesure que les embryons atteignent le stade blastocyste et sont congelés.

 

  1. Le jour de la ponction
     
    Ponction ovocytaire transvaginale sous contrôle échographique chez une jument pour une procédure d'ICSI 

    La ponction

    Les follicules des deux ovaires sont ponctionnés et rincés. Tous ne livrent pas un ovocyte récupérable.

  2. Dans les minutes qui suivent
     
    Recherche des ovocytes à la loupe binoculaire dans le liquide folliculaire, après la ponction. 

    La recherche des ovocytes

    Le liquide folliculaire est filtré, puis examiné à la loupe. Chaque ovocyte est identifié, lavé et préparé pour le voyage. C'est une étape minutieuse, et nous la faisons ici, sans attendre.

  3. En fin de journée
     
    Conteneur de transport à température contrôlée refermé sur les ovocytes avant expédition vers le laboratoire 

    Le laboratoire

    Les ovocytes sont maintenu dans un milieu de culture, à température contrôlée, pour le transfert vers le laboratoire. Votre jument est déjà rentrée chez vous.

  4. Le lendemain
     
    Un incubateur de laboratoire utilisé pour la maturation des ovocytes 

    La maturation

    Une vingtaine d'heures en incubateur, au laboratoire. Nous savons alors combien d'ovocytes ont atteint la métaphase II, c'est-à-dire lesquels sont prêts à être fécondés.

  5. Le "jour zéro"
     
    Injection intracytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) chez le cheval. À l'aide d'un micromanipulateur sous microscope, un spermatozoïde unique est injecté directement dans le cytoplasme de l'ovocyte de la jument pour créer un embryon 

    L'injection

    Un spermatozoïde est injecté dans chaque ovocyte mature, au micromanipulateur. C'est de ce jour zéro que démarre le compteur temporel.

  6. Quatre jours après l'injection
     
    Contrôle du clivage des embryons au quatrième jour après l'injection. 

    Le clivage

    Les embryons qui se sont divisés sont identifiés. Les autres s'arrêtent là. C'est le premier vrai indice de ce que donnera la session.

  7. Sept à dix jours plus tard
     
    Vue à la loupe de blastocystes équins, des embryons de forme circulaire parfaitement développés, juste avant leur congélation en laboratoire. 

    Le blastocyste

    Les embryons se développent chacun à leur rythme. Dès qu'un embryon atteint le stade blastocyste, il est congelé le jour même, à moins 196 degrés.

 

Ce qu'on peut raisonnablement espérer

C'est la question que tout le monde pose, et elle mérite une réponse chiffrée plutôt qu'une promesse.

Sur les grandes séries publiées, une session produit en moyenne un peu plus de deux embryons congelables. La dispersion est large. Certaines juments n'en donnent aucun, d'autres en donnent cinq, six, parfois davantage. Environ huit sessions sur dix aboutissent à au moins un embryon.

Ce qui fait varier ce chiffre tient d'abord à la jument. L'effet de l'étalon existe mais reste plus modeste, et il se prévoit mal, car la mobilité de la semence après décongélation n'est pas prédictive de son comportement en ICSI. Un examen préalable de ses ovaires nous permet d'estimer son potentiel folliculaire, et donc de vous dire à quoi vous attendre avant d'engager quoi que ce soit.

 

L'OPU et l'ICSI en chiffres

De la ponction à l'embryon congelé

Une session ponctionne en général vingt à vingt-cinq follicules, et permet d'en récupérer un peu plus de la moitié sous forme d'ovocytes. Chaque étape de la chaîne qui suit perd encore une partie du matériel.

ÉtapeCe qu'on observe
Follicules ponctionnés par session21 à 26 en moyenne, de 8 à 45
Ovocytes récupérés par session12 à 14 en moyenne, de 2 à 27
Taux de récupération53 à 54 %
Ovocytes atteignant la métaphase IIenviron 60 %
Ovocytes injectés donnant un blastocyste20 à 30 %
Ovocytes récoltés donnant un blastocysteenviron 16 %
Embryons congelables par session1,9 à 2,2 selon les séries, de 0 à 13
Sessions produisant au moins un embryon78 à 83 %

Et après la congélation

Le transfert d'un embryon décongelé donne une gestation dans un peu plus de trois quarts des cas. Environ six embryons transférés sur dix aboutissent à un poulain né.

Ce qui fait varier ces chiffres

La jument pèse plus lourd que l'étalon. Sur une série de 552 sessions portant sur 323 juments, quatorze étalons sur seize se tenaient entre 15,6 et 26,8 % de blastocystes par ovocyte injecté, une dispersion bien plus étroite que celle observée entre juments.

La mobilité de la semence après décongélation ne prédit pas le résultat en ICSI. Un étalon médiocre en congelé peut très bien fonctionner, puisqu'un seul spermatozoïde intact suffit par ovocyte.

Le nombre d'ovocytes récupérés est le meilleur indicateur dont nous disposions avant de commencer. C'est pourquoi nous examinons vos ovaires avant de vous proposer une session.

Une jument qui a produit un embryon à sa première session recommence dans 77 % des cas. Celle qui n'en a produit aucun échoue à nouveau dans 62 % des cas, ce dont nous tenons compte avant de vous proposer une deuxième tentative.

D'où viennent ces chiffres

Cuervo-Arango J, Claes AN, Stout TAE. Mare and stallion effects on blastocyst production in a commercial equine ovum pick-up–intracytoplasmic sperm injection program. Reproduction, Fertility and Development 2019;31(12):1894-1903.

Claes A, Stout TAE. Success rate in a clinical equine in vitro embryo production program. Theriogenology 2022;187:215-218.

Scarlet D, Schuler G, Malama E, Bollwein H, Bocci C, Colleoni S, Lazzari G, Galli C, Kowalewski MP. Endocrine profile and OPU-ICSI outcomes in mares: a comparative study. Reproduction and Fertility 2025;6(3):e250027.

Cuervo-Arango J, Sala-Ayala L, Márquez-Moya A, Martínez-Boví R. The influence of aspiration pressure, follicle flushing method and needle rotation during single-operator OPU technique on oocyte recovery and embryo production in the mare. Animals 2025;15(6):832.

Ces valeurs proviennent d'études internationales portant sur plusieurs milliers de sessions, toutes races et tous laboratoires confondus. Elles donnent un ordre de grandeur, rien de plus. Nous publierons nos propres chiffres quand nous en aurons assez pour qu'ils veuillent dire quelque chose.

 

Questions fréquentes

 

Est-ce douloureux pour ma jument ?

Non. Elle est sédatée, debout au travail, et l'intervention est bien supportée. Le protocole comprend aussi de quoi la détendre et limiter les efforts de poussée pendant la ponction.

Y a-t-il des risques ?

Comme pour tout geste médical, oui, mais ils restent faibles. Le principal serait une infection ou un saignement dans la cavité abdominale. Nous surveillons la jument avant et après, et nous administrons un traitement préventif.

Tous les combien peut-on recommencer ?

Toutes les deux à trois semaines. C'est un des grands avantages de la technique. Une jument peut enchaîner plusieurs sessions dans la même période sans en souffrir.

Y a-t-il un âge limite ?

Pas de limite stricte. Le rendement diminue avec l'âge et plus nettement après vingt ans, mais nous obtenons régulièrement des embryons de juments dont plus personne n'attendait de poulain.

Et si aucun embryon n'est obtenu ?

Cela arrive dans environ une session sur cinq. Le travail a été fait, la ponction et le laboratoire restent dus. Nous appliquons en revanche une remise sur la session suivante. Le risque nous paraît normal à partager.

Si la première session ne donne rien, faut-il réessayer ?

Souvent oui, mais pas toujours. Une jument qui a produit un embryon la première fois a environ trois chances sur quatre de recommencer. Celle qui n'en a produit aucun a un pronostic plus réservé. Nous en discutons avec vous avant de relancer.

Puis-je garder ma jument chez moi entre les sessions ?

Oui. Elle vient pour le prélèvement, par exemple le matin et repart le soir.

Combien de temps un embryon se conserve-t-il ?

Indéfiniment, tant que l'azote liquide est maintenu. C'est vous qui décidez du moment du transfert.

Quels étalons puis-je utiliser ?

La plupart de ceux qui existent en semence congelée. Certains ne sont même accessibles qu'en ICSI, parce qu'il n'en reste pas assez pour une insémination. Parlez-nous de votre projet, nous vérifierons.

Puis-je utiliser ma propre jument comme receveuse ?

Oui, et beaucoup d'éleveurs le préfèrent. C'est même là que la congélation prend tout son sens. Comme l'embryon attend, il n'y a rien à synchroniser. Nous suivons votre receveuse, et nous transférons le jour où elle est au bon moment de son cycle.

 

Ce que cela coûte

Vous payez une session de ponction, le travail de laboratoire, puis un montant pour chaque embryon effectivement congelé. Le transfert dans une receveuse se facture plus tard, le jour où vous décidez d'utiliser l'embryon.

Pour une jument dans la moyenne, comptez de l'ordre de 1500 à 1600 euros par embryon congelé. Une session généreuse fait tomber ce montant sous les 1000 euros, une session pauvre le fait monter. C'est le rendement de votre jument qui fait le prix, pas un tarif à l'unité.

Le détail poste par poste figure sur notre page tarifs.

Votre jument est-elle une bonne candidate ?

Nous en parlons volontiers, sans engagement. Un examen préalable nous permet d'évaluer ses ovaires et de vous donner une idée réaliste de ce qu'on peut en attendre.

Contactez-nous !